Malgré le fait que les constructeurs se sont préparés depuis des années par rapport au projet de rapprochement entre la fiscalité essence-diesel, PSA et Renault envisagent tout de même les conséquences néfastes, comme l’impact sur les ventes, l’utilisation ou les émissions de dioxyde de carbone.

Mercredi dernier, le gouvernement a annoncé officiellement la mise en vigueur du projet de rapprochement entre la fiscalité de l’essence et celle du diesel. Cette annonce confirme son intention de tourner le dos à la technologie diesel. Une analyse démontre cependant que la différence ne se fera pas beaucoup ressentir. En effet, pour un automobiliste qui roule en moyenne 15 500 km par an, le prix du carburant consommé afficherait 9 euros de plus si l’on se réfère à un prix de 1.10€/l avec une consommation de 6 au 100. Entre augmentation de la taxe carbone, projet d’interdiction de véhicules diesel en centre-ville et scandale Volkswagen, la technologie se retrouve acculée.

Une technologie moins intéressante

Pour les industriels, le diesel représentait la technologie idéale. S’il revenait plus cher à la vente, la maintenance d’un véhicule diesel était également plus coûteuse. Actuellement, suite aux scandales et à un usage moins fréquent (nombre moyen de kilomètres parcourus revu à la baisse), l’on a constaté une baisse de la vente de l’ordre de -5{377314d3ff009826132dba6dca6c960ccb810f72a00f26ffd6b98f61b1dbcc35} depuis janvier 2015. Ce résultat provient également de l’augmentation des prix suite aux systèmes de dépollution sont doivent être dotés les voitures diesel depuis la mise en vigueur de la réglementation européenne. Selon Alexis Albert, analyste chez Mainfirst, «?le coût total de ces systèmes se chiffre entre 1.000 et 1.500 euros en moyenne par voiture?». Sans compter qu’en 2017, la norme Euro 6c sera également mise en place.

Le secteur de l’emploi en danger

Constructeurs, fabricants d’équipements d’origine, concessionnaires ou garagistes, tous ceux qui sont liés à l’univers automobile sont concernés. A Fabrice Godefroy, membre de l’association Diéséliste de France, de souligner que «?derrière cette affaire, c’est toute une filière d’emplois qui est en jeu?». Sont concernés PSA (dont environ 3200 salariés sont spécialisés sur le diesel), l’usine Renault basée à Cléon ou encore celle de Bosch installée à Rodez (fournisseur des constructeurs allemands).

 Les constructeurs ont déjà pensé à tout

Les constructeurs ne se sont pas laissé surprendre. Renault a déjà mis en place un projet visant à basculer du diesel à l’essence. PSA a conçu des moteurs hybrides essence après un premier essai sur les modèles diesel. Pour ne pas avoir à trop dépenser, la majorité des constructeurs se sont lancés dans des partenariats : vente de PAS à GM, à Ford ; un partenariat à trois entre Mercedes, Nissan et Renault ; une association entre BMW et Toyota…

Qu’en est-il des objectifs d’émission de dioxyde de carbone ?

France Nature Environnement (FNE), avec la coopération des associations de défense de l’environnement, affiche son inquiétude face à la mesure visant à abaisser la fiscalité sur l’essence. En effet, malgré le fait que l’essence émet moins de particules toxiques par rapport au diesel, l’émission de CO2 est plus importante. La baisse du diesel risquerait donc d’entraîner des conséquences néfastes sur les objectifs européens pour 2021 qui prévoient une émission de 95 g de dioxyde de carbone par kilomètre. L’on se demande pourquoi le gouvernement ne s’est pas davantage concentré sur les solutions de transport alternatif ?